Sénégal

(Voyage réalisé du 17 au 27 mars 2010)

Vous trouverez une sélection de photos ici.

La visite de Dakar est certes intéressante (musée Théodore Monod, marché Kermel), mais moins charmante ou instructive que d’autres endroits du Sénégal. Passons donc directement à la suite.

L’eau Gorée

L’île de Gorée se trouve à vingt minutes en bateau de Dakar. Elle a joué un rôle dans le commerce triangulaire, même si par rapport à d’autres pays, il n’a pas été majeur. Son nom vient du néerlandais “Goede Reede” qui signifie bonne rade, et montre que les Hollandais ont décidément le chic pour baptiser des îles qui ne se distinguent pas par le bon traitement réservé aux populations noires (cf. Robben Island en Afrique du Sud, “l’île aux phoques”).

De la côte dakaroise, il est possible de voir Gorée par temps clair. Ce qui frappe, c’est que malgré la distance, on en aperçoit les immenses palmiers. On devine également quelques fortifications militaires et habitations coloniales.

L'île de Gorée dans la brume

L’approche en bateau est lente, et la vision monochrome que vous aviez de l’île depuis le littoral se colore peu à peu pour faire apparaître les somptueuses teintes vives des maisons.

Maisons colorées sur l'île de Gorée

A peine avez-vous posé le pied sur l’île que vous entendez un fonctionnaire local lancer à la cantonade que tous les arrivants doivent se rendre avant toute chose à l’office du tourisme pour s’acquitter d’une taxe communale de 500 francs CFA (moins de 0.80€). Afin de vous éviter de débourser cette somme, des touristes français quittant Gorée vous donnent discrètement leur récépissé attestant que la taxe a bien été payée. C’est alors que le fonctionnaire, constatant la rapidité avec laquelle vous vous êtes procuré ce petit papier bleu, vous montre en exemple auprès des autres arrivants.

Comme la ville de Saint-Louis, l’île de Gorée se distingue par son architecture coloniale. Et même si les deux lieux ont le statut de patrimoine mondial de l’UNESCO, le deuxième abrite des constructions beaucoup mieux conservées et restaurées que le premier. C’est probablement la raison pour laquelle le bâtiment goréen connu sous le nom de “Palais du Gouverneur”, laissé à l’abandon, dégage une impression très particulière au milieu des autres constructions plutôt en bon état.

Pour échapper à un Catalan collant que vous croisez partout où vous allez, vous vous faufilez discrètement dans la cour intérieure la plus proche, afin d’y rester quelque temps dissimulés. Heureusement pour vous, ce touriste disparaît rapidement dans l’arrière-boutique d’un magasin d’artisanat, après avoir tendu quelques billets à une femme. L’esclavage aboli, le commerce de la chair persiste siècle après siècle dans l’île, et vous vous dites qu’il peut être compréhensible de vouloir venir jouer au cochon sur Gorée. En tout cas, vous voilà hors de portée.

L'esplanade déserte du Palais du Gouverneur

Après avoir traversé une série d’arcades, vous vous retrouvez sur une vaste esplanade, face à l’océan. Une ménagère s’est approprié l’endroit pour y étendre du linge, et dans votre dos, une magnifique façade ocre voudrait vous faire croire que vous êtes en Italie. Comme si la villa Médicis avait été abandonnée et que des vêtements de tous les jours séchaient dans sa cour, sur un fil tendu entre deux escaliers sculptés.

L’image est irréelle : alors que les touristes se bousculent dans les différents musées de l’île, la Maison des esclaves devant par exemple refuser des visiteurs, le Palais du Gouverneur est quant à lui désert, comme puni par son délabrement, alors que celui-ci participe à son charme, et que malgré cet aspect décati, il n’en conserve pas moins les traces d’une splendeur passée. Pour couronner l’usage vague et multiple du bâtiment, les pompiers en habitent le premier étage, rendant sa visite impossible.

Escalier intérieur du Palais du Gouverneur

Le reste de l’île est calme, chatoyant, méditerranéen. Le fait de ne pas pouvoir marcher très longtemps sans tomber sur l’océan rappelle l’ambiance de Djenné au Mali, entourée par deux bras du fleuve Bani, et dont les dimensions sont similaires à celles de Gorée. L’architecture et l’atmosphère, exceptionnelles dans les deux endroits, se trouvent comme sublimées par la présence de l’eau qui les enserre. La menace de l’océan ou du fleuve rend-elle la beauté plus urgente ?

La porte du voyage sans retour (Maison des esclaves)

Au moment de votre départ de Gorée, une femme vient s’entretenir avec vous. Vous n’avez rien demandé, mais ici, il est beaucoup plus courant et naturel qu’en Europe d’engager une conversation. Elle vous parle d’abord de son mari, parti en Amérique pour des raisons économiques. Quand vous lui demandez dans quelle ville exactement, elle ne peut pas vous répondre. Tout ce qu’elle sait, c’est qu’elle doit lui rappeler régulièrement d’envoyer de l’argent, car sinon, il oublie. Elle aborde ensuite la réalité de la polygamie, ses rapports avec les autres femmes qui partagent son foyer : l’une d’entre elles n’a jamais vu son mari.

Près de l'embarcadère

Saint-Louis en l’île

Ancienne capitale du Sénégal et de l’Afrique occidentale française, Saint-Louis a été peu à peu supplantée par Dakar. Aujourd’hui, elle a tout d’une ville coloniale déchue. Un travail de restauration a commencé il y a quelques années, mais il manque aux bâtiments l’état intermédiaire de ceux de l’île de Gorée : ici, ils sont soit très délabrés, soit entièrement remis à neuf, ce qui enlève soit à leur beauté, soit à leur authenticité.

Le bâtiment du patio Saint-Louis

Mesurant un peu plus de 2 km de long pour environ 400 m de large, et entourée par le fleuve Sénégal, l’île de Saint-Louis est également sujette au syndrome de Djenné évoqué pus haut. Impossible de se perdre, on finit toujours par apercevoir le cours d’eau. Et même si l’état des constructions leur ôte une partie de leur cachet, marcher au hasard des rues à la recherche de merveilles cachées n’en reste pas moins une expérience très agréable, un pied dans le passé colonial et l’autre porté par le souffle nouveau qui anime la ville.

L’une de ces merveilles est le double escalier de l’ancienne direction des impôts, dont une photo dans un des vos guides et le fait qu’il ne soit pas mentionné dans l’autre ont attisé votre curiosité. Cet escalier existe-t-il encore ? Est-il visible de l’extérieur ? Faut-il graisser la patte à un employé pour y avoir accès ? Comme à Berlin avec ses merveilles secondaires, vous mettez un point d’honneur à dénicher cette curiosité. Mais le premier jour, vous rentrez bredouilles : les rues ont changé de nom récemment, il est donc difficile de se repérer sur les grands axes du Sud de l’île où est censé se trouver le bel escalier. En outre, toutes les rues de la ville sont loin d’avoir un panneau indicateur. Vous remettez au lendemain la traque de votre proie, considérant ce premier jour comme un round d’observation.

Le deuxième jour, vous vous rendez à nouveau sur les lieux, et décidés à en découdre, vous demandez à un habitant où se trouve la direction des impôts. Il vous l’indique le plus aimablement du monde, et fait un bout de chemin avec vous. Vous n’étiez manifestement pas dans la bonne rue. Une fois au bon endroit, à travers une grille, vous admirez l’escalier, majestueux dans ses formes et couleurs. Le bâtiment qui l’abrite, tout comme le Palais du Gouverneur à Gorée, est en attente d’affectation.

L'escalier de la direction des impôts de Saint-Louis



A la Mbour

De Mbour, deuxième port de pêche du pays, vous n’aurez finalement pas vu grand-chose, si ce n’est ses pirogues colorées. Après une journée passée dans les transports (de Saint-Louis à Dakar en taxi-brousse, puis de Dakar à Mbour en minibus, avec une attente interminable le temps que le véhicule se remplisse), vous arrivez à destination en début de soirée. Harcelés à la gare routière par une troupe de jeunes voulant vous vendre leurs services, vous montez à l’arrière d’une camionnette sur proposition d’une femme que son mari est venu chercher. Il vous dépose non loin de l’hébergement où vous aviez réservé pour une nuit. Comme il n’y a aucune indication, vous poussez une première porte et rencontrez un homme à qui vous demandez si vous êtes bien là où vous êtes censés être. Il vous répond que c’est deux portes plus loin, mais lorsque vous tapez puis tambourinez à cet endroit, personne ne répond. L’homme propose alors de garder vos lourds sacs à dos en attendant que quelqu’un arrive dans le gîte d’à côté. De toute façon, il possède lui aussi des chambres et peut vous loger au même prix que ce que vous aviez prévu. Mais le stress monte d’un cran : où allez-vous passer la nuit ?

Pirogues à Mbour

Comme le début de soirée est le moment où les pêcheurs reviennent et le port est en pleine effervescence, vous vous rendez sur la plage. Mais ne vous sentant pas d’attaque pour affronter cette agitation et les enquiquineurs qui lui sont associés, vous vous contentez d’observer la scène de loin. Votre hébergement est toujours fermé, sans signe de vie, et comme vous avez faim, l’homme qui vous a accueillis vous conseille le restaurant de son neveu, à moins de dix minutes à pied. Entre deux coupures d’électricité, courantes en soirée, vous parvenez à dîner.

Mais la nuit est tombée. Le stress monte à nouveau d’un cran. Vous revenez vérifier si votre hôtesse est là, et ô miracle, il y a de la lumière. Une personne vous ouvre. Elle se confond en excuses (malgré votre réservation qu’elle avait bien notée, elle avait oublié que vous arriveriez ce soir-là; elle vient de rentrer de Dakar où elle avait passé la journée), mais trop contents que les choses rentrent dans l’ordre, vous ne lui en tenez pas rigueur et vous endormez rapidement.

Un hippopotame censé être malien, que l'on retrouve partout au Sénégal

Le lendemain, votre hôtesse réitère ses excuses pour la petite frayeur qu’elle vous a causée la veille, et va jusqu’à vous proposer une ristourne sur la chambre, déjà la moins chère de tout votre séjour. Européenne, elle s’est installée au Sénégal il y a plus de dix ans déjà, mais ne semble plus s’y plaire. Elle dit passer jusqu’à deux semaines dans l’enceinte de ses chambres d’hôtes sans en sortir. Selon elle, “c’est un pays de menteurs et de voleurs”. Récemment, un de ses clients est rentré un soir ensanglanté par trois coups de couteau, dépouillé de ce qu’il avait sur lui. Il avait suivi à peu près le même chemin sombre que vous la veille lorsque vous êtes revenus du restaurant. Même si vous trouvez qu’elle exagère dans la généralisation, on ne peut pas dire que votre hôtesse vous rassure. Vous quittez la ville.

Coquillages interreligieux

Joal-Fadiouth est votre destination suivante, Joal étant la ville de naissance de Léopold Sédar Senghor, et Fadiouth une île pittoresque unique au Sénégal. Les deux sont reliées par un pont de bois, et l’ensemble constitue l’extrémité sud de la Petite Côte.

Fadiouth vue depuis son cimetière : mosquée et église sont reliées par le baobab sacré

Cette étape semble idéalement choisie tant la placidité de Fadiouth s’oppose au climat dangereux de Mbour. Alors qu’ailleurs le marchandage est de rigueur, à Fadiouth beaucoup d’objets d’artisanat sont vendus à prix fixe. On peut même payer en euros. Dans le reste du pays, il est tout à fait normal de se faire poursuivre par quelqu’un qui veut vous vendre un bien ou s’imposer comme votre guide. Sur l’île de Fadiouth, il est possible de dénoncer ce genre de comportements, les personnes concernées pouvant écoper d’amendes. Bref, tout ce dont le touriste occidental avait rêvé se trouve réalisé ici.

Outre cette sérénité pour le visiteur, une des particularités de Fadiouth est son pourcentage d’habitants catholiques (qui correspond à la proportion de musulmans au Sénégal) : 90%. Sur le critère religieux aussi, l’endroit est une sorte de négatif du pays. Et la cohabitation avec l’islam est, semble-t-il, idéale : une mosquée a été construite avec la participation financière des catholiques. Alors que vous aviez rencontré jusqu’à maintenant des Babacar, Cheikh ou Moussa, ici, ce sont Philippe, Emmanuel ou Raymond qui se présentent à vous.

La Vierge Noire de Fadiouth

Deuxième forte particularité de Fadiouth : l’île est entièrement constituée de coquillages. Du sol que vous piétinez jusqu’aux murs incrustés en passant par les étals des marchands, ils sont partout.

Un bénitier qui n'en est pas vraiment un

Ces deux spécificités se conjuguent dans le cimetière, où catholiques et musulmans sont enterrés au même endroit (même si deux sections existent sur l’île qui constitue le cimetière). Ici, pas de pierre tombale, mais simplement une butte de coquillages pour chaque défunt.

Le cimetière de Fadiouth

Palmarin d’eau douce

Votre aventure s’achève dans le delta du Siné-Saloum. Au cours du trajet à bord du minibus collectif parti de Joal, la civilisation s’efface peu à peu pour laisser place à des grandes étendues de terre salée. Pas la moindre trace d’un ciné, ni même d’un saloon. Alors, après quelques heures passées sur une plage déserte, vous décidez de faire un tour en charrette dans la réserve naturelle de Palmarin.

L'océan Atlantique à Palmarin

La promenade commence par la traversée d’étendues plates où des bovins paissent paisiblement d’un côté, tandis que de l’autre, les palétuviers plongent leurs racines dans l’eau telles des araignées chevelues buvant par les pattes.

Palétuviers dans la mangrove du Siné-Saloum

Vous croisez également de magnifiques espèces d’oiseaux :

Rollier d'Abyssinie et calao dans la réserve naturelle de Palmarin

Le trajet se poursuit par la visite de marais salants originaux. Le paysage généré par leur présence est lunaire et coloré. Pour former un de ces marais, on creuse un trou dans le sol et de l’eau salée apparaît au fond, car celle-ci imbibe la terre de la région. Pendant la saison des pluies, le cratère se remplit d’eau douce, qui devient de plus en plus salée en raison du voisinage de la nappe située au-dessous. Le soleil fait s’évaporer l’eau, et l’on recueille le sel pour le mettre dans de gros sacs vendus environ 1000 francs CFA (1€50). Ces contenants sont souvent des sacs roses de riz thaïlandais : l’Afrique de l’Ouest est très friande de cette céréale mais n’est pas autosuffisante en la matière. Ainsi, elle essaie de rentabiliser au maximum ces importations coûteuses en en réutilisant l’enveloppe.

Tas et sacs de sel dans les marais salants de Palmarin

En chemin, vous aurez peut-être la chance de serrer la pince au crabe violoniste, s’il n’a pas péri pétrifié par le sel :

Un spécimen de crabe violoniste

Les habitants du Siné-Saloum, peut-être saturés de cet environnement salin, tentent de contrebalancer cette omniprésence en se livrant à des expériences plus sucrées. La première est la récolte du vin de palme. Appendice industriel suppléant la datte ou la noix de coco, la bouteille en plastique apparaît dans le paysage comme une nouvelle génération de fruits du palmier.

Récolte du vin de palme à Palmarin

Deuxième activité sucrière : la distillerie de brousse. Moitié clandestine, moitié officielle puisqu’elle est sur le parcours des visites, elle est constituée d’alambics artisanaux et sert à produire du soum-soum (un alcool fort) à partir d’eau, sucre et levure.

Une distillerie de soum-soum à Palmarin

Les lions du lamb

Le nom latin du crabe violoniste est Uca Pugilator, et cela ne peut pas être un hasard tant la lutte est un sport populaire au Sénégal. Appelée lamb en wolof, elle est un mélange de catch et de boxe, le gagnant étant celui qui fait toucher terre au dos, aux fesses ou à la tête de l’adversaire.

Un combat de lutte sénégalaise est un grand événement. A Saint-Louis, un dimanche, vous avez la chance de pouvoir suivre l’un d’entre eux à la télévision. Il oppose Balla Gaye 2 à Modou Lô. Lorsque vous demandez à quelle heure débutera le match, on vous répond 18h. En bon spectateur, vous vous asseyez devant le poste à cette heure-ci, mais ce sont les interviews de spécialistes qui s’enchaînent au lieu des coups des lutteurs. S’ensuit une démonstration de danse et de chants traditionnels. Ainsi qu’une courte page de publicité. Puis deux. Nouvelle interview. Après une énième page de pub, le combat commence. Ou plutôt un combat, car il oppose deux lutteurs moins expérimentés que les deux stars du jour. Fausse alerte, c’était la mise en bouche. Après une nouvelle succession de petits combats, danses, réclames et interviews, le véritable match débute, il est 19h passées.

Homme sur un chantier à Saint-Louis

Considérant tout ce cérémonial et l’attente qui en découle, vous vous attendez à un affrontement épique, de la durée d’un match de football. Que nenni. Le combat dure 41 secondes, à l’issue desquelles Modou Lô est mis à terre. Tout ça pour ça, vous dites-vous.

Mais l’essentiel ne réside pas forcément dans le combat lui-même, sa durée ou son déroulement. Car chaque match, dans ses préparatifs et son ambiance, est un formidable reflet de la culture sénégalaise. Non seulement de sa danse et de sa musique, mais aussi de son mysticisme. Avant d’entrer dans le vif, les lutteurs s’aspergent de fluides magiques et en boivent une partie. Avant cela encore, ils consultent (et paient grassement) un marabout qui leur fait office de coach. Certains observateurs vont jusqu’à considérer les combats comme des affrontements à distance entre les marabouts. C’est dire à quel point les gestes réels des lutteurs, si musclés qu’ils soient, ont peu d’importance…

Le Quai Roume à Saint-Louis

Dès 17h, les rues de la ville apparaissaient comme vidées des habitants, rentrés à la maison pour se préparer au match. Quand on sait que le dimanche, même sans combat programmé, Saint-Louis est déserte, on peut imaginer l’ambiance de ville coloniale fantôme qui précédait le match. Mais à la seconde où Modou Lô mord la poussière, une clameur s’empare de la cité et une jeune foule sort d’innombrables portes pour manifester sa joie ou sa tristesse. Il est 19h15, Saint-Louis se réveille.

Un petit enfant, pas encore habitué à ces démonstrations, erre en larmes dans la rue, impressionné par tant de vigueur sonore et physique. Comme vous, il ne comprend pas bien ce qui arrive. Un scooter au klaxon généreux passe et repasse dans une des artères principales de la ville. Son conducteur soutenait probablement Balla Gaye 2, le vainqueur. Les supporters du perdant ont des raisons d’être abattus : il était jusqu’ici invaincu.

Transports

Une bonne partie des moyens mis à la disposition du voyageur au Sénégal est similaire à ce que l’on trouve au Mali. Du taxi-brousse auquel il ne reste que la carrosserie jusqu’au minibus qui met une heure et demie avant de démarrer (car il ne part que quand il est plein), en passant par le taxi officiel (mais sans compteur) qui vous propose plus du double du prix raisonnable pour la plupart des courses, vous trouverez un véhicule pour tout type de trajet.

Minibus traversant le pont Faidherbe à Saint-Louis

Et comme au Mali, le train n’est pas la spécialité locale. Il existait une ligne joignant Dakar à Saint-Louis, mais elle a été fermée. Le seule possibilité pour emprunter le chemin de fer, outre le train de banlieue, est d’aller de Dakar à Bamako (via différentes villes sénégalaises et maliennes telles que Tambacounda et Kayes). Un train part une fois par semaine et la durée du voyage est de 72h.

La gare de Dakar

Dans ce contexte, il est triste de constater à quel point les gares du pays sont devenues des bâtiments dénués de fonction, voire de simples monuments, empreints de nostalgie défraîchie.

La gare de Saint-Louis

Gastronomie

La cuisine sénégalaise a la réputation d’être la meilleure de l’Afrique de l’Ouest. S’il n’est pas forcément possible de comparer avec tous les pays en compétition, un simple séjour au pays du thiéboudienne suffit pour se rendre compte de l’excellence de la gastronomie locale.

Panneau sur un balcon de Saint-Louis

Le plat sus-cité est un délice : du riz au poisson, avec moult légumes et épices. Le maffé, roboratif, est constitué de viande en ragoût agrémentée de pâte d’arachide. Citons également le yassa, poisson ou poulet aux oignons et citron. Et pour finir cet aperçu, signalons que les plats à base de crevettes (au curry, en beignets…) sont très goûteux.

Poissons séchés dans le quartier de Guet Ndar à Saint-Louis

Au rayon boissons, les jus de fruits sont variés. Pour commencer, le jus de bissap, une décoction de fleurs d’hibiscus rouge, est délicieusement acidulé. Le jus de bouye, boisson au pain de singe (le fruit du baobab), est riche en vitamine C. Et si l’on aime le gingembre, la macération qui en est faite est une merveille, aussi riche en goût qu’épicée. Plus rares, le ditakh et le dakhar (tamarin) sont tous les deux rafraîchissants.

Etal de fruits à Saint-Louis

3 Commentaires

Classé dans Notes de voyage

3 réponses à Sénégal

  1. nicolas

    génial ! ça donne super envie cette nature brute, ces couleurs, plus que l’Afrique du sud en tout cas. Merci de ces tranches de voyage .. je me sens voyageur immobile grâce à toi !

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